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Les élèves de l'école de Montmuzard sensibilisés au handicap
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Dans le cadre de l’enseignement d'éducation morale et civique, mis en œuvre à la rentrée 2015, la classe à double niveau de CE1 et de CM2 de l’école Montmuzard de Dijon a accueilli, le jeudi 28 janvier, l’athlète paralympique Charles Rozoy.

Charles Rozoy

Karine Maetini, enseignante de cette classe mixte, a élaboré avec ses élèves un projet pédagogique portant sur le handicap et le sport. Il s’articule autour de plusieurs enseignements pratiques interdisciplinaires. Tout d’abord, les élèves ont traité les questions liées à la discrimination, au handicap au sein de la loi, à la déclaration des droits de l’enfant et à la protection morale et physique des plus jeunes. Ils ont également étudié des documents relatant les actions du Téléthon. Ils se sont ensuite renseignés sur la vie au quotidien des personnes en situation de handicap, que ce soit dans leur travail, à l’école ou dans la pratique d’une activité sportive.

Par la suite, afin de traiter de façon plus concrète ces thématiques, Charles Rozoy, médaillé d’or aux jeux paralympiques de Londres en 2012, a été convié par Karine Maetini afin d’échanger avec les élèves sur ces sujets.

Dans l’optique de sa venue, les élèves avaient préparé une interview. Ce travail préparatoire de lecture d’articles de presse, d’analyse de l’information, de compréhension de la mécanique d’un entretien journalistique s’inscrivait dans ce projet pédagogique. Grâce à la lecture d’articles sur le champion olympique, les écoliers ont ainsi pu lui poser une cinquantaine de questions portant sur son quotidien, sur sa pratique de la natation handisport, sur son accident et l’impact sur son activité professionnelle.

Charles Rozoy a répondu avec humour, simplicité et sincérité aux questions posées par les élèves. Nous avons sélectionné quelques unes des ces questions :


 A quel âge avez-vous commencé la natation ?
J’ai commencé la natation je devais avoir 6 ou 7 ans. En fait on me dit souvent que j’ai appris à nager avant de marcher, parce qu’on me jetait dans l’eau quand j’étais petit, je ne savais pas encore nager. Et j’ai découvert la natation, en fait je faisais pas mal de sport, j’étais à l’école primaire et  j’avais mes voisins qui faisaient de la natation deux fois par semaine. J’allais les voir à la piscine de la Fontaine-d’Ouche. Et il y a l’entraîneur qui m’a dit plutôt que de rester dans les gradins comme ça, comme un bêta, et bien tu vas prendre ton maillot de bain et tu vas venir nager. J’ai pris mon maillot de bain, je suis venu nager et je n’ai plus jamais arrêté de nager.

Pourquoi avez-vous choisi ce sport ? Comment vous est venue la passion pour la natation ?
C’était un sport qui me canalisait un peu, c’était un sport qui m’a un peu cadré, j’étais quelqu’un plein d’énergie. Quand on sort de la piscine et qu’on a nagé pendant une heure, une heure et demie, vous vous imaginez bien on est un peu plus fatigué, on a un peu moins d’énergie et c’était un sport où je pouvais m’exprimer. Je nageais des heures et des heures et j’aimais ça.

A quel âge avez-vous eu votre handicap ? Et comment ?
Alors j’ai eu mon handicap..c’était le 26 juillet 2008, et c’est un accident de moto. Donc j’avais 21 ans.
Combien de temps êtes-vous resté à l’hôpital pour vous rétablir ?
Je suis resté deux mois il me semble, un mois et demi. Et après j’ai été médicalisé à la maison. Puis après j’ai été ré-opéré donc je suis allé plusieurs fois à l’hôpital.

Est-ce que votre handicap est gênant pour nager ?
Mon handicap il est gênant pour nager, un petit peu quand même ! Parce que quand vous nagez avec deux bras ce n’est pas pareil qu’avec un bras, mais on peut quand même nager avec un seul bras. L’autre bras reste le long du corps et puis ça ne me gêne pas tant que ça. Et je nage beaucoup moins vite que quelqu’un qui nage avec deux bras.
Et dans la vie courante, est-ce qu’il y a des choses que vous avez du mal à faire ou que vous ne pouvez plus faire ?
Il y a plein de choses que je peux moins faire ou ne pas faire, mais j’essaie de ne pas y penser. Le principal c’est de penser à tout ce que je peux faire. Parce qu’il y a plein de choses que je peux faire et je n’aurais pas assez de toute ma vie pour faire tout ce que j’ai envie de faire avec un seul bras…

Combien de fois par semaine vous entraînez-vous ?
Je m’entraîne tous les jours, deux fois par jour. Je m’entraîne entre dix et douze fois par semaine à raison d’1h30 en moyenne par séance.

Quelle distance nagez-vous à chaque entraînement ?
Je nage entre trois kilomètres et cinq kilomètres, par entraînement. Mais ce n’est pas grand-chose. A une époque, j’ai fait 42 kilomètres en douze heures. J’ai battu le record des douze heures de natation en 42 kilomètres.

Parlons maintenant de vos compétitions. Vous pratiquez la natation handisport. Qu’est-ce que c’est ? Quelle est la différence avec la natation « normale » ?
Et bien il n’y a pas vraiment de différence. C’est exactement la même chose, toutes les courses n’existent pas, mais sinon c’est la même chose. Le principe c’est de nager le plus vite possible dans un bassin et avec les moyens que tu as, contrairement à la natation valide où tout le monde nage avec les deux bras, les deux jambes.

Est-ce que vous avez un titre de Champion de France, d’Europe, du Monde, ou Olympique ?
Et bien j’en ai un de chaque. Au minimum un.

Quelles compétitions allez-vous bientôt faire ? Où et quand ?
Les championnats d’Europe en avril, et les Jeux Paralympiques en septembre, du 7 au 18 septembre 2016, à Rio de Janeiro.

Est-ce que vous aidez les jeunes en situation de handicap à faire comme vous ?
Je n’aide pas forcément les jeunes en situation de handicap, j’aide les jeunes en général. Pourquoi je vais souvent dans les écoles, les collèges. C’est pour dire qu’on soit en situation de handicap ou pas, qu’on soit gêné dans sa vie ou pas, on peut réussir à réaliser ses rêves, à aller jusqu’au bout de ses rêves. Il suffit d’y croire, et de travailler énormément.

Est-ce que vous rencontrez souvent des jeunes dans cette situation ?
Assez régulièrement forcément, parce que dès que je fais des compétitions je rencontre plein de jeunes, et puis ça m’arrive d’avoir des jeunes qui viennent directement me voir pour me demander des conseils, forcément.

Est-ce que vous pensez que faire du sport est essentiel, lorsqu’on a un handicap et même lorsqu’on n' en a pas ? Et pourquoi ?

Oui, je pense que faire du sport c’est essentiel mais pour la bonne santé en faire trop, ce n’est pas bon non plus. Tout ce qu’on fait avec excès n’est pas bon pour la santé. Le principal c’est de faire du sport parce que c’est bon pour la santé et puis ça permet d’être plus concentré sur d’autres choses, ça permet de s’épanouir quand on aime bien le sport, et de faire autre chose en dehors de l’école, donc c’est important de pouvoir faire une activité en dehors de l’école. Que ça soit du sport, de la musique, que ça soit…n’importe quoi mais c’est important pour moi d’avoir une activité en dehors.

Si vous deviez faire passer un message aux jeunes en situation de handicap, et même aux autres jeunes, quel serait ce message ?
Allez jusqu’au bout de vos rêves.

Charles Rozoy

A la fin de ce jeu de questions-réponses, Charles Rozoy a tenu à transmettre aux enfants des valeurs essentielles qui font la richesse d’un individu, telles que le respect et la tolérance. Il les a encouragés à croire en leurs rêves et à donner le meilleur d’eux-mêmes, laissant les élèves impressionnés par sa prestance et son discours.

Ce projet pédagogique sur le handicap et le sport ne s’arrête pas là pour cette classe, qui a déjà prévu de recevoir un ergothérapeute. Il les informera sur la réinsertion sociale et professionnelle d’une personne en situation de handicap par le biais de réapprentissage de gestes quotidiens.



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