Un rêve devenu réalité : l’échange exceptionnel entre Sophie Adenot et les élèves d’Imphy

élèves

Ce mardi 10 juin 2026, le collège Louis Aragon d’Imphy a vibré lors d’un échange historique avec Sophie Adenot, astronaute française à bord de l’ISS. Après des mois de préparation, des élèves ont dialogué en direct avec l’espace, couronnant un projet éducatif ambitieux.

Ce mardi 10 juin 2026 après-midi, le gymnase du collège Louis Aragon d’Imphy a vibré au rythme d’un événement unique : un échange en direct avec Sophie Adenot, astronaute française actuellement à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Un projet ambitieux, né à l’automne 2024, a permis à des élèves de CM1-CM2 et de collège de vivre une immersion totale dans l’univers spatial. Après des mois de préparation, de conférences, d’ateliers et de rencontres avec des personnalités inspirantes comme Nicolas Laporte (astrophysicien), Marc Dana (journaliste spécialisé) et Claudie Haigneré (première astronaute française), le moment tant attendu est enfin arrivé.

invitation et antenne

Une organisation minutieuse pour un contact réussi

Le matériel de sonorisation et de vidéo-projection a été fourni par le Conseil départemental de la Nièvre, tandis que le club de radio amateur d’Imphy et de Montceau-en-Bourgogne a mis à disposition le matériel nécessaire pour établir la communication avec l’ISS (Station spatiale internationale). Pour maximiser les chances de réussite, tout a été doublé : une seconde antenne de sécurité a été installée, conformément aux conseils de la NASA, au cas où une panne surviendrait sur la première

Discours d’ouverture : l’aboutissement d’une aventure collective

Angélique Melaine-Ribet et public

Angélique Melaine-Ribet, principale du collège Louis Aragon, a ouvert la séance avec un discours poignant :
« Bienvenue à toutes et tous pour cet après-midi exceptionnel, qui marque l’aboutissement d’une aventure hors du commun. Notre projet, né à l’automne 2024, avait pour ambition de permettre à nos élèves de lever les yeux vers le ciel, de mieux comprendre le monde qui les entoure, et peut-être de découvrir de nouvelles vocations. Aujourd’hui, en regardant le chemin parcouru, nous pouvons dire que cette ambition a été largement atteinte. »

Elle a souligné l’immersion totale des élèves dans l’univers spatial : conférences, ateliers, observation du soleil, construction de fusées à eau, fabrication d’antennes radio, et même des visites au musée de l’Air et de l’Espace, à la Cité de l’Espace de Toulouse et chez Airbus. « Nos élèves ont appris à travailler ensemble, à être curieux, à chercher, à expérimenter, à construire, à communiquer et surtout à persévérer. »

Un remerciement spécial a été adressé aux partenaires : Planétarium Rouannais, Astro Club d’Imphy, Association des Radio-Amateurs de la Nièvre, ARISS France, ESA, Claudie Haigneré, Nicolas Laporte, Marc Dana, ainsi qu’à l’Académie de Dijon, le Conseil départemental de la Nièvre et la ville d’Imphy. « Sans la passion et l’énergie de Didier et de ses collègues du club de radio amateur, cette aventure n’aurait jamais vu le jour. »

Des messages inspirants pour les jeunes générations

Avant l’échange, deux personnalités ont partagé des mots forts avec les élèves.

 Haigneré Dana

Claudie Haigneré, première astronaute française, a livré un message puissant et motivant :
« Donnez-vous tous les moyens d’avancer, pas à pas. Essayez, tentez, recommencez. Si vous échouez, ce n’est pas grave. »

Marc Dana, journaliste spécialisé dans l’aéronautique et l’espace, a ajouté :
« Croyez en vos rêves, n’ayez pas peur de vouloir aller haut. Vous faites partie des rares privilégiés à être en direct avec une astronaute à 400 km au-dessus de votre tête. »

Présentation technique

 Denis Bruriaud et materiel

Après une brève introduction technique par Denis Bruriaud (président de l’Association des Radio-Amateurs de la Nièvre), qui a rappelé les caractéristiques impressionnantes de l’ISS (110 m de long, 74 m de large, 30 m de haut, 400 m³ de volume habitable, altitude de 420 km, vitesse de 27 000 km/h), il a présenté le matériel utilisé, et une fois tous les téléphones mis en mode avion, l’échange a enfin pu commencer.

À 13h30 (heure locale), l’ISS était à 2 000 km d’Imphy. Après trois tentatives infructueuses, la voix de Sophie Adenot a enfin résonné dans le gymnase, déclenchant une vague d’émotion parmi la nombreuses assistance.

Échange intégral entre Sophie Adenot et les collégiens d’Imphy

élèves

Denis Bruriaud : "Oscar Radio 4 India Sierra Fox 5 Kilo Charlie Hotel, est-ce que vous me recevez ? »

Sophie Adenot : « Oui, je vous reçois 4 sur 5. »

Denis Bruriaud : « Est-ce qu'on peut démarrer les questions QSL, over. »

Sophie Adenot : « Avec plaisir pour démarrer les questions, bonjour Imphy, bonjour la Nièvre, bonjour la France ! Over. »

À ces mots, le public applaudit spontanément.

Adèle : « Bonjour Sophie, c'est Adèle. Qu'avez-vous ressenti lorsque la fusée a décollé ? Over. »

Sophie Adenot : « C’était assez impressionnant cette fusée qui nous arrache de la Terre, laisser tout ce qu’on connaît sur Terre pour partir dans un monde inconnu. »

Justine : « Bonjour Sophie, c'est Justine. Vous avez réalisé votre rêve de petite fille. Que ressentez-vous ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour Justine, je suis vraiment très très contente, je suis ravie de pouvoir le partager avec tout le monde. Parce que ce que je voulais vous dire, c’est n'hésitez pas à faire des rêves et d'avoir des rêves. Parce qu’en travaillant, les choses peuvent se concrétiser, même si on a grandi à la campagne. »

Alyxe : « Bonjour Sophie, c'est Alyxe. Avez-vous eu du mal à vous adapter à l'apesanteur ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour Alyxe, pour moi, l'adaptation à l'apesanteur, c'est très très bien passée. Je m’étais préparée pourtant avec mes médecins à ce que je sois un petit peu malade, etc., mais pas du tout, ça a été très rigolo dès le premier jour. J’ai réussi à faire des saltos. »

Milan : « Bonjour Sophie, c'est Milan. Comment comptez-vous les jours dans l'ISS alors que vous observez 16 levers de soleil par 24h ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour Milan, en fait, c'est très simple. On a les mêmes  jours que sur Terre et on est sur l’horaire du méridien de Greenwich. Donc, ça veut dire que, aujourd’hui, pour toi, il est 15h30 et pour moi, il est 13h30. »

Enaël : « Bonjour Sophie, c'est Enaël. Avez-vous emmené un objet personnel qui vous rattache à la Terre ? Lequel et pourquoi ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour Enaël, bien sûr, j'ai emporté plein de petits objets personnels. Enfin, plein... non. Mais notamment ce qui me rattache beaucoup à la Terre, ce sont des photos de la Terre : des champs de lavande, les lacs et les montagnes que j’aime bien, etc. Over. »

Nathan : « Bonjour Sophie, c'est Nathan. Écoutez-vous de la musique ? Le son en apesanteur est-il identique à celui que l'on entend sur Terre ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour Nathan, oui, j’écoute de la musique. Je suis avec ma playlist et j’aime bien l’écouter. Et le son en apesanteur dans la station, ben oui, en fait, quand on écoute de la musique, c'est pareil. Par contre, la station, elle est très très bruyante, parce que c'est comme un laboratoire. On entend des bruits de ventilateurs, des claps de clapets, des choses... Tu sais, comme dans les laboratoires, un petit peu bruyant. Et du coup, ça veut dire que... quand on entend de la musique, il y a un léger bruit de fond du laboratoire. Over. »

Aaron (question relayée par Sophie) : « Bonjour Sophie, quel moment de votre entraînement a-t-il été le plus difficile ? Over. »

Sophie Adenot : « Alors, je n’ai pas entendu la question, mais peut-être que c'est Aaron qui a posé la question : quels moments de votre entraînement ont été les plus difficiles ? Et bien, écoute, pour moi, c’est quand on n’arrêtait pas de voyager, de partir aux quatre coins du monde pour aller s’entraîner au Japon, en Russie, au Canada, aux États-Unis, etc. Oui, il y avait tout le temps des décalages horaires, et waouh, changer d’horaires tout le temps, ben c’est pas évident. En même temps, j’aime tellement voyager que, du coup, j’étais quand même contente. Over. »

Adrien : « Bonjour Sophie, c’est Adrien. Comment l’oxygène est-il produit et renouvelé dans l’ISS ? »

Sophie Adenot : « L’atmosphère est recyclée en permanence avec un système de recyclage de l'air. Et en fait, quand on a besoin de compléter l'oxygène de la station spatiale internationale, on a des réservoirs, des grands réservoirs qui font à peu près la taille de 10 ballons de foot. (grésillements) Et grâce à ces réservoirs, on peut compléter l'oxygène dans l'atmosphère de l’ISS. Over. »

Louis : « Bonjour Sophie, c'est Louis. Utilisez-vous l'IA dans l'ISS ? Pensez-vous qu'elle remplacera les astronautes dans l'avenir ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, écoute, en réalité, on n'a pas vraiment d'utilisation de l'IA ici. On a des systèmes qui fonctionnent avec... certes, des algorithmes, et on ne se prive pas d’avoir des algorithmes très intelligents, mais en vrai, l’IA, bon ben, c’est que quand on va sur Internet qu’on peut l’avoir, et encore, enfin voilà, on ne l’utilise pas. Donc, moi, je pense qu’elle ne remplacera pas les astronautes, parce que ce que je vois ici, c’est qu’il y a très souvent quand même besoin de faire des actions mécaniques : ouvrir des vannes, des clapets, etc. Et puis surtout, l’espace, c’est un milieu tellement compliqué et complexe que, parfois, les choses tombent en panne, et c’est pas comme sur Terre. Donc il y aura toujours besoin d’astronautes pour réparer les choses. Over. »

Alice : « Bonjour Sophie, c'est Alice. Avez-vous déjà rencontré des problèmes mécaniques dans l'ISS ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Alice. Ben écoute, ça arrive, oui. Mais je suis sûre qu’on a des procédures pour ça. Et puis, on est très... très bien entraînés, à la fois en situation d’urgence. Tu as dû entendre dans les nouvelles. D’ailleurs, tout s’est très bien passé. On a appliqué les procédures, c’était très serein, et puis voilà, on a réussi à tout régler comme ça. Et puis on a eu aussi d’autres cas avec des problèmes mécaniques. On a eu notamment des pannes de toilettes. Bon, ben pareil, il faut se transformer, prendre la casquette de plombier dans l’espace. C’est pareil, on a des procédures, on a des outils et on a des pièces pour réparer les choses, voilà ce qu’on fait. Over. »

Eileen : « Bonjour Sophie, c'est Eileen. Que ressentez-vous lorsque vous regardez la Terre par la coupole ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Eileen. Magnifique. C'est magnifique. Si j'essaie de décrire un peu ce que cela fait en tant que ressenti, imagine un jour tu es devant un superbe lever ou coucher de soleil, et juste tu regardes et tu te dis "waouh", et ben c’est ça que ça fait quand on regarde la Terre depuis la coupole. »

Marissa : « Bonjour Sophie, c’est Marissa. Combien de temps faites-vous du sport par jour et pourquoi ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Marissa. On fait environ deux heures de sport par jour. À peu près une heure et quart de renforcement musculaire fixe, et puis le reste en cardio, donc pour faire marcher notre système cardio-vasculaire. En fait, on fait du sport parce que, si on ne faisait pas de sport, tu sais, flotter dans l’espace, ça veut dire que tu ne te sers d’aucun muscle. Et si on ne faisait pas de sport, ben on perdrait tous nos muscles, et on aurait encore plus de perte de masse osseuse aussi. C’est pour ça qu’on a besoin de faire du sport tous les jours, pour être sûr que, quand on rentre sur Terre, on n’ait pas perdu tous nos muscles et qu’on ait les os à peu près en forme, à peu près convenables. Over. »

Alex : « Bonjour Sophie, c'est Alex. Arrivez-vous à observer les planètes plus facilement que sur Terre en l'absence d'atmosphère ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Alex. En fait, observer les étoiles, de manière générale, tout ce qui est dans l’espace, c'est beaucoup plus simple. On n’a pas, d’une part, la pollution lumineuse, et d’autre part, l’atmosphère qui bloque la visibilité, et donc c’est vraiment plus facile, effectivement. Et d’ailleurs, c’est plus facile parce qu’on les voit mieux, du coup, ça devient plus difficile parce qu’on en voit beaucoup, beaucoup d’étoiles. Alors, du coup, les planètes, elles sont un petit peu au milieu de toutes ces étoiles qui sont très brillantes, et il y en a beaucoup, et on les voit beaucoup plus que sur Terre. Over. »

Zoé : « Bonjour Sophie, c'est Zoé. Votre voyage dans la capsule Dragon a duré une trentaine d'heures. Comment l'avez-vous vécu ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Zoé. Eh bien, écoute, j'ai adoré, mais vraiment adoré, le voyage dans la capsule Dragon. C’était comme partir à l’aventure dans une capsule. Je ne sais pas, sur Terre, on peut imaginer comparer ça à quand tu pars à une aventure... Tu sais qu’il y aura plein d’imprévus, d’autres choses qui vont t’arriver dans cette aventure, et ben c’est un petit peu pareil. Donc j’ai adoré. C'était la première fois que je voyais la Terre depuis là-haut. La première fois que j’avais l’expérience de la micro-apesanteur. »

Jules : « Bonjour Sophie, c'est Jules. Avez-vous une préparation psychologique avant de partir dans l'espace ? Over. »

Sophie Adenot : « Bonjour, Jules. Effectivement, nous avons eu une préparation psychologique avant de partir dans l’espace. Et en fait, on est suivis, tous les astronautes sont suivis par deux psychologues qui ont l’habitude de suivre les astronautes depuis des générations. Et en fait, ils nous préparent, ils nous donnent des clés pour savoir comment ça va se passer, comment faire pour que tout se passe très bien. Et c’est vraiment chouette de recevoir les conseils. Over. »

Timéo : « Bonjour Sophie, c’est Timéo. Quel type de nourriture avez-vous dans l’ISS ? Over. »

(Grésillements... La fenêtre de captation du signal se termine. Sophie Adenot ne peut plus répondre.)

Clôture : un moment inoubliable

Denis Bruriaud annonce la fin de l’échange. Le public, ému, applaudit longuement. Les élèves, les yeux brillants, gardent en mémoire ces instants magiques où, le temps de quelques minutes, d’Imphy à l’espace, il n’y avait qu’un pas.

élèves

Un héritage pour l’avenir

Cet échange restera gravé dans les mémoires comme un symbole de curiosité, de persévérance et de rêve

À travers ses réponses, le message de Sophie Adenot, résonne encore en nous : l’espace est une aventure humaine avant tout – une aventure où la science, la passion et l’audace se rencontrent.

Visionnez l'événement sur WEBTVDOC

Revivez le contact radio exceptionnel entre les élèves du collège Louis ARAGON d'Imphy et la Station spatiale internationale (ISS). À bord de l'ISS, Sophie Adenot, astronaute française de l'Agence Spatiale Européenne (ou ESA), répond aux questions préparées par les élèves.

Mise à jour : juin 2026