Villemenant : quand la biodiversité se raconte en marchant

élèves

À Villemenant, des lycéens de Nevers explorent la biodiversité d’une zone humide avec la LPO, découvrant faune, flore et enjeux écologiques lors d’une sortie pédagogique immersive.

Dans le cadre d’un projet d’éducation à l’environnement mené par la Région Bourgogne-Franche-Comté, une classe de première en enseignement scientifique du lycée Raoul Follereau de Nevers a participé à une sortie pédagogique au coeur de la zone humide de Villemenant. Le site, situé sur la rive gauche de la Nièvre, entre la Poêlonnerie et le château de Villemenant (commune d’Arzembouy), offre un terrain d’étude remarquable : deux dépressions humides peu profondes connectées au bief de la Poêlonnerie, reliées entre elles par un chenal, et accompagnées de mares à vocation pédagogique.

L’objectif était clair : observer, comprendre et relier le vivant à ses fonctions écologiques, dans un contexte éducatif qui s’inscrit pleinement dans les enjeux de l’éducation au développement durable. Pour mener cette exploration, les élèves ont été accompagnés par un intervenant de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux).

Deux sentiers pour entrer dans le milieu

Malgré un temps particulièrement pluvieux, les élèves ont pris le chemin de la découverte. Ils ont parcouru deux sentiers pédestres complémentaires. Le premier suivait le bief reliant la Poêlonnerie au château de Villemenant, avec une passerelle en bois et une partie sur pilotis. Ce parcours a offert des points de vue privilégiés sur les zones d’eau, la végétation associée et les interfaces entre milieu aquatique et milieu plus terrestre. Le second sentier, plus “nature”, invitait à une approche plus directe des mares et des prairies humides. Ici, l’observation prenait une autre dimension : plus attentive, plus sensible, au rythme des indices de présence du vivant.

faune et flore

La biodiversité en observation : oiseaux et insectes

Au fil de la sortie, les élèves ont appris à regarder autrement. Encadrés par un intervenant de la LPO, ils ont porté une attention particulière à la faune et à la flore, dans un habitat où la biodiversité est particulièrement riche. Parmi les oiseaux repérés ou observés, les élèves ont pu identifier ou entendre des espèces telles que le rossignol philomèle, la mésange bleue, le merle noir et le pinson des arbres. Ces observations ont été l’occasion d’aborder le rôle de l’avifaune dans les milieux humides, ainsi que la manière dont les habitats répondent aux besoins des espèces.

Pour renforcer la démarche, les lycéens ont aussi utilisé deux applications pour téléphone portable : ObsIdentify pour identifier la faune et la flore rencontrées, et BirdNet pour reconnaître les chants d’oiseaux. L’usage de ces outils a permis de consolider les observations et d’en faire des données exploitables.

Une découverte végétale qui a du sens : la « cardère sauvage »

La sortie a également marqué les esprits par la découverte d’une plante particulièrement utile aux oiseaux et aux insectes : le Cabaret des oiseaux, appelé aussi Cardère sauvage. Au-delà du simple repérage, les élèves ont compris l’intérêt écologique de ce végétal : certaines espèces végétales participent à l’accueil, à l’alimentation et au maintien de la vie autour d’elles. Cette découverte a donné corps à une idée centrale pour l’EDD (éducation au développement durable) : la biodiversité ne se résume pas à une liste d’espèces ; elle s’explique par les liens qui unissent les êtres vivants entre eux et à leur milieu.

Les zones humides, une “éponge” face au climat

La journée n’a pas été seulement une leçon de nature. Elle a aussi permis d’aborder des fonctions écologiques essentielles, notamment face aux effets du changement climatique. Les élèves ont découvert que les zones humides jouent un rôle de régulation : elles participent à l’amortissement des crues en tant que zones d’expansion, et elles contribuent à restituer progressivement l’eau lors des périodes de sécheresse, comme celles vécues notamment en 2019. Dans ce contexte, la zone humide de Villemenant a pris une dimension encore plus concrète : elle n’est pas seulement un refuge pour la biodiversité, elle participe aussi à la résilience du territoire.

faune et flore

Déjeuner au lavoir : prolonger l’EDD par des choix concrets

La sortie s’est aussi inscrite dans une cohérence pédagogique et citoyenne. Les élèves ont profité du lavoir pour déjeuner au sec, avec un menu le plus éco-responsable possible, intégrant des produits locaux et des préparations fait-maison. Une façon de rappeler que les apprentissages du terrain peuvent guider des pratiques du quotidien.

Une sortie qui donne envie d’agir

En quittant Villemenant, les élèves ont emporté une conviction forte : préserver les zones humides, c’est protéger un patrimoine vivant, fragile et indispensable. À travers l’observation du rossignol philomèle, des mésanges, du merle noir, mais aussi d’une plante comme la Cardère sauvage, ils ont compris que la biodiversité est un tout—et que la science, quand elle est vécue, devient un levier d’engagement.

« On croyait venir « regarder un site », on est reparti avec une autre vision : celle d’un écosystème fragile, riche, et essentiel à préserver. ».

Mise à jour : juin 2026